Édition avril 2025
Le code de déontologie énonce les valeurs et principes auxquels tout·e Praticien·ne en Herboristerie (PH) doit adhérer pour être reconnu comme professionnel·le par la Guilde Française des Praticien·nes en Herboristerie (GFPH).
L’honneur, l’intégrité, le souci du travail bien fait, la bienveillance, le secret professionnel, le respect, l’honnêteté, le comportement irréprochable et la formation tout au long de sa pratique doivent guider le travail du PH. Ces valeurs et principes sous-tendent les règlements énoncés ci-dessous.
I. Devoirs généraux des Praticien·nes en Herboristerie
Article 1 – Les dispositions du présent code s’imposent à tout·e Praticien·ne en Herboristerie adhérant à la GFPH.
Article 2 – Le·la PH s’impose comme devoir essentiel : la protection de la vie, de la personne humaine et de son environnement.
Article 3 – Le·la PH doit permettre à tous ceux qui le souhaitent, sans discrimination aucune de condition sociale, de nationalité, de religion, d’ethnie ou de sexe, d’acquérir le meilleur niveau de santé possible.
Article 4 – Le·la PH doit reconnaître que chaque client·e a des besoins particuliers et respecter son droit de faire des choix éclairés en ce qui concerne ses soins de santé. Il ou elle a le droit de refuser un·e client·e pour des raisons ou des limites personnelles ou professionnelles, le·la PH est en ce cas tenu de le rediriger vers un de ses pairs.
Article 5 – Le·la PH doit tenir compte des limites de son propre champ de pratique et orienter ses client·es vers un autre professionnel, le cas échéant. Avec leur autorisation, le·la PH pourra travailler en collaboration avec d’autres professionnels de la santé, dans l’intérêt et le bien-être de ses client·es.
Article 6 – Le·la PH se doit d’entretenir et de perfectionner ses connaissances via un système de formation professionnelle continue.
Article 7 – Le·la PH, en tant que représentant·e de sa profession, doit s’efforcer de se conduire de façon convenable dans les lieux publics ainsi que sur internet (incluant les médias sociaux), sachant qu’un manquement à cet égard pourrait dévaloriser ses pairs.
Article 8 – Le secret professionnel institué dans l’intérêt de la clientèle est de rigueur et s’impose au PH. Il comprend tout ce qui a été porté à sa connaissance dans l’exercice de ses fonctions. Le·la PH se doit aussi de respecter les données personnelles de ses consultants et de ne pas les divulguer. Il ou elle respecte la réglementation en ce qui concerne la confidentialité des données de son client (RGPD).
Article 9 – Le·la PH intègre dans sa philosophie et sa pratique les principes traditionnels des professions libérales : libre choix du PH par le consultant ; liberté de conseils, en accord avec le consultant.
Article 10 – Le·la PH doit s’abstenir de tout comportement dénué de principes moraux ou tout comportement abusif envers ses consultants. Il doit en outre se vêtir de façon convenable et indiquée pour sa profession.
Article 11 – Le·la PH ne peut aliéner son indépendance professionnelle sous quelque forme que ce soit. Il ou elle pratique l’Herboristerie indépendamment de toute politique ou religion.
Article 12 – Le·la PH doit proposer ses consultations dans un cadre adéquat et en étant à l’écoute des besoins de sa clientèle. Le·la PH pourra exercer en cabinet individuel ou de groupe, dans le cadre d’un centre paramédical et de prévention santé, ou sous l’égide d’une entreprise ou d’une association d’éducation pour la santé. Ses consultations pourront aussi s’effectuer à distance pour des raisons pratiques.
Article 13 – Le·la PH exerce dans un lieu qui assure le confort de sa clientèle et respecte la confidentialité de l’échange. Ce lieu ne peut pas être un lieu public (ex : café, bibliothèque) ou un lieu ouvert (ex : comptoir d’Herboristerie ou de pharmacie) dans lequel des personnes non concernées par l’échange peuvent circuler librement. Si lieu partagé ou visioconférence, des espaces de confidentialité doivent être respectés.
II. Devoirs des Praticien·nes en Herboristerie envers leur clientèle
A) PRIMUM NON NOCERE
Article 14 – L’activité professionnelle des PH doit être orientée exclusivement vers l’intérêt de sa clientèle. Le·la PH s’attachera à respecter les deux principes fondamentaux suivants : accomplir un travail d’éducation pour la santé et ne jamais nuire par ses conseils.
Article 15 – Le conseil donné par les PH ne constitue ni ne peut en aucun cas se substituer à un suivi médical. Il est important de veiller :
• à ce que la clientèle dispose d’un diagnostic médical en amont ;
• à inciter la clientèle à consulter son médecin avant toute prise de plantes ou de produits naturels ;
• à reconnaître les limites de la phytothérapie ;
• à reconnaître les limites de sa propre pratique et savoir refuser et réorienter sa clientèle si nécessaire.
Article 16 – L’usage des plantes médicinales n’est pas sans risque. Le respect des contre-indications, la prise en compte des interactions et la mesure des doses recommandées est primordial. Les PH s’assurent que leur clientèle communique les informations nécessaires pour un conseil éclairé (traitements en cours, antécédents personnels et familiaux le cas échéant).
Article 17 – Il est important de rappeler que le·la PH :
• ne soigne pas les maladies de ses client·es ;
• ne diagnostique pas ;
• ne fait pas de prescription mais éduque sa clientèle sur les plantes bénéfiques pour une situation spécifique ;
• ne donne aucun conseil sur la médication de ses client·es ;
• ne demande sous aucun prétexte l’arrêt ou un changement de la médication en cours.
Article 18 – En tant que Praticien·ne non conventionnel, le·la PH s’engage au respect des 3 cadres légaux suivants :
• le code de la santé publique qui fixe notamment le monopole médical de l’exercice illégal de la médecine ;
• la législation sur le monopole pharmaceutique et l’exercice illégal de la pharmacie ;
• le code de la consommation qui vise à protéger le consommateur ;
• et d’une manière générale à respecter le droit de l’État où il exerce.
B) ÉCOUTE ET EMPATHIE
Article 19 – Le·la PH se doit d’avoir toujours une attitude de parfaite correction, de considération, de cordialité, d’encouragement envers sa clientèle. Le dialogue est essentiel afin de fournir toutes les informations nécessaires. Ses conseils individualisés sont formulés de façon claire et précise afin d’assurer à la personne la meilleure compréhension possible.
Article 20 – La clientèle vient aussi pour bénéficier d’une qualité d’écoute. Le·la PH devra accorder le temps nécessaire pour bien cerner la problématique et son contexte. Il ou elle devra contribuer à l’implication de la clientèle dans la conduite du protocole d’accompagnement.
Article 21 – Il est également nécessaire de s’assurer que les recommandations et conseils donnés soient en adéquation avec le mode vie, le budget et les attentes de ses client·es. Ainsi, il est indispensable de prendre en compte les habitudes alimentaires et de sommeil, les niveaux de stress, les environnements de travail et de vie personnelle de ses client·es. Ce contexte global est essentiel pour formuler des recommandations qui soient réellement adaptées et efficaces. Le·la PH accompagne ses client·es, sur le long terme si nécessaire.
C) TRANSPARENCE
Article 22 – Il est important de faire preuve de transparence à l’égard de sa clientèle. Le·la PH doit délivrer toutes les informations utiles pour établir une relation de confiance. Le·la PH doit donc veiller à faire preuve de transparence sur ses qualifications, ses pratiques et ses tarifs, ainsi qu’être irréprochable sur la protection des données et présenter les documents nécessaires. Cette transparence vise à rassurer la clientèle et la protéger contre les pratiques commerciales trompeuses et l’exercice illégal de la médecine.
Article 23 – Le·la PH fixe ses honoraires avec tact et mesure. Il ou elle reste libre d’offrir des consultations à prix réduits. Ses prix sont clairement affichés dans son lieu de pratique ainsi que sur son site internet.
D) VEILLE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE – ACTUALISATION DES CONNAISSANCES
Article 24 – Le·la PH s’assurera de la qualité et de la sécurité de ses accompagnements en pratiquant une veille régulière des dernières publications scientifiques pertinentes. Il est de la responsabilité des PH, pour éviter tout risque de dérives thérapeutiques, de mettre à jour leurs connaissances.
E) SUPERVISION ET FORMATION
Article 25 – Le·la PH possède les connaissances suivantes, ceci afin de comprendre et accompagner au mieux le client :
• compréhension de la personne (anatomie et physiologie) ;
• piliers du bien-être (alimentation, digestion, élimination, qualité du sommeil, environnement, activité physique et autres paramètres de l’hygiène de vie) ;
• les plantes, parties utilisées, propriétés médicinales, formes et dosages, précautions et contre-indications ;
• reconnaissance et identification des plantes principales dans leur milieu naturel ;
• transformation de la matière brute pour obtenir des produits utilisables par le client (infusions, teintures, sirops, onguents, etc.) ;
• interactions potentielles avec les médicaments lorsque celles-ci sont connues, ainsi qu’avec les compléments alimentaires et autres produits naturels que le client déclare prendre.
Article 26 – Le·la PH s’engage à participer régulièrement à des stages de formation et de perfectionnement afin d’actualiser et parfaire ses connaissances.
Article 27 – Pour limiter le risque de dérives et améliorer la qualité des programmes d’accompagnement et des séances en cabinet, la ou le PH (débutant·e ou non) doit bénéficier d’une supervision régulière par des collègues plus expérimenté·es. La supervision offre plusieurs avantages essentiels : réfection critique et feedback constructif, actualisation des connaissances et soutien professionnel.
Article 28 – Le·la PH doit participer à l’évolution de l’Herboristerie et de sa pratique par des lectures, formations d’appoint, recherches et expériences. Le·la PH peut librement donner des cours, des conférences publiques, des séminaires d’étude, des congrès, rédiger et publier des ouvrages et des articles scientifiques ou de vulgarisation, ainsi que s’investir dans des activités sociales et éducatives.
F) INTÉGRITÉ
Article 29 – Le·la PH propose un accompagnement pour permettre à ses client·es de se diriger vers une autonomie tout en leur laissant la responsabilité du cheminement vers leur mieux-être et le libre arbitre d’arrêter leur accompagnement à tout moment.
Article 30 – L’entretien ne comprend pas de vente de produits et laisse à la clientèle toute liberté de s’approvisionner là où elle le souhaite (Herboristerie, pharmacie, producteur). Afin d’aider sa clientèle dans le choix de plantes et de produits de qualité, le·la PH peut indiquer des références de fournisseurs. Afin d’éviter tout confit d’intérêt avec les potentielles affiliations, le·la PH propose systématiquement plusieurs options.
Article 31 – Le·la PH n’exerce aucun abus d’influence ou de confiance sur sa clientèle (séduction, abus financiers, manipulation sectaire, politique ou religieuse). Il ou elle respecte leurs convictions, leurs valeurs et leur identité ;
Article 32 – Le·la PH s’engage à se remettre en question régulièrement (tensions, difficultés lors des entretiens, état de fatigue personnelle) et à aller chercher l’accompagnement nécessaire au sein de la GFPH ou auprès d’autres professionnel·les.
III. Qualité des plantes, connexion au Vivant et respect de la Biodiversité
Article 33 – Le·la PH se doit respecter et honorer la terre et sensibiliser les autres quant à l’importance de sa sauvegarde et de sa régénération.
Article 34 – Le·la PH doit s’efforcer de conseiller des plantes médicinales de la meilleure qualité possible, soigneusement identifiées et préparées par les autres métiers du secteur de l’Herboristerie, tout en tenant compte des contraintes financières de sa clientèle.
Article 35 – ll est de la responsabilité des PH de faire des choix éclairés et responsables concernant les plantes utilisées et les formes d’usage adoptées. La sélection des plantes doit tenir compte de plusieurs critères, notamment : leur disponibilité, leur mode de culture ou leurs conditions de cueillette (facteurs environnementaux, politiques et socio-culturels). Cela permet non seulement de garantir la qualité et l’efficacité des conseils donnés, mais aussi de minimiser les perturbations écologiques, la pression sur les populations sauvages et le respect des humain·es.
Article 36 – Le·la PH ne doit pas conseiller des plantes ou des produits à base de plantes qui sont des (ou issus des) espèces sauvages menacées ou en voie de disparition ; la culture de ces espèces doit être favorisée, lorsqu’elle est possible.
Article 37 – Dans la mesure du possible, le·la PH doit favoriser la communication avec ses fournisseurs de plantes médicinales, à savoir les producteur·ices, les cueilleur·euses de plantes sauvages, les Herboristeries et les laboratoires. Le·la PH ne doit pas sciemment recommander des préparations à base de plantes, des suppléments, des aliments issus du génie génétique (des OGM) ou d’une méthode de transformation ou d’une pratique agricole douteuse.
Article 38 – Les formes galéniques conseillées doivent également être choisies en fonction de leur impact sur l’environnement, par exemple :
• le recours aux huiles essentielles doit être effectué avec discernement. Si leur efficacité n’est plus à démontrer, elles nécessitent une quantité de plantes considérable ;
• les formes plus complexes comme les capsules ou les comprimés nécessitent des processus de fabrication plus énergivores et produisent plus de déchets.
Article 39 – Le·la PH doit conseiller les plantes et produits à base de plantes en tenant compte de la question de l’expérimentation et de la recherche sur les animaux.
IV. Devoirs des Praticien·nes en Herboristerie envers leurs confrères et consœurs
Article 40 – Le·la PH doit faire preuve de respect envers les autres PH et les Praticien·nes d’autres disciplines. Toute médisance, calomnie, envers un confrère ou une consœur est une faute grave. Le·la PH doit s’abstenir de relayer ou d’adopter des propos qui pourraient nuire à sa réputation professionnelle ou à sa vie personnelle.
Article 41 – Le·la PH doit favoriser l’échange d’idées et d’informations avec les autres PH afn d’approfondir la compréhension et les connaissances en Herboristerie.
Article 42 – Toute tentative de détournement de clientèle est interdite.
Article 43 – Le·la PH est invité·e à transmettre aux futurs PH ses connaissances, son savoir-faire ainsi que les principes et pratiques éthiques de la profession.
V. Devoirs des Praticien·nes en Herboristerie envers les membres des professions médicales et le public
Article 44 – Le·la PH doit faire preuve de respect envers les professions médicales. Toute médisance, calomnie, envers les professions médicales est une faute grave. Le·la PH doit s’abstenir de relayer ou d’adopter des propos qui pourraient nuire à sa réputation professionnelle ou à sa vie personnelle.
Article 45 – Le·la PH est invité à apporter sa contribution pour faire avancer l’Herboristerie et la profession ainsi qu’à sensibiliser le public.
Article 46 – Le·la PH ne doit pas chercher à attirer des client·es d’une façon qui ne serait pas professionnelle ou de toute manière qui serait susceptible de nuire à l’image des Praticien·nes en Herboristerie ou de la pratique de l’Herboristerie.
